Le problème observé
La République démocratique du Congo a engagé une transformation numérique de son administration et de son économie. Le point de départ reste bas : le pays se classe 179e sur 193 à l’indice de développement de l’administration en ligne des Nations Unies en 2024.
Dans le même temps, des Congolaises et des Congolais installés au Canada, en Europe et ailleurs exercent des métiers du numérique, de l’ingénierie, de la santé ou de l’entrepreneuriat. Beaucoup souhaitent contribuer. À notre connaissance, les plans publics ne prévoient pas encore de cadre simple pour le faire, à distance ou sur place.
Les faits et leurs sources
Le Projet de transformation numérique de la RDC (Banque mondiale, P180495) a été approuvé le 27 juin 2024 et est en vigueur depuis le 24 juin 2025. Il mobilise 400 millions de dollars américains de l’Association internationale de développement (IDA), et un prêt souverain de 100 millions d’euros de l’Agence française de développement. Sa clôture est prévue le 31 décembre 2029.
Les envois de fonds personnels reçus par la RDC ont atteint environ 3,32 milliards de dollars américains en 2025, soit 3,65 % du PIB, selon la Banque mondiale. La série varie fortement : environ 2,00 milliards en 2024 et 3,30 milliards en 2023. Ces montants n’incluent pas les circuits informels. Ils financent surtout la consommation des familles.
Le cadre juridique du secteur est fixé par le Code du numérique (ordonnance-loi n° 23/010 du 13 mars 2023, ratifiée par la loi n° 23/011 du 22 mai 2023).
L’article 10 de la Constitution dispose que « la nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre ». Une personne d’origine congolaise devenue canadienne est donc, en principe, juridiquement étrangère en RDC, ce qui complique son retour, ses investissements et sa participation aux programmes publics.
Au Canada, le premier ministre a lancé le 3 septembre 2026 Transformation numérique Canada. L’organisme prévoit un modèle de collaboration (« fellowship » dans la version anglaise du communiqué) pour faire entrer, pour des affectations de courte durée, des expertises du secteur privé dans l’administration. C’est une source d’inspiration, pas un modèle à copier.
Les institutions compétentes
En RDC, les décisions relèvent principalement des ministères chargés du numérique et des télécommunications, de l’Agence pour le Développement du Numérique rattachée à la Présidence, de la Banque centrale du Congo pour les paiements, et des services chargés de la diaspora. Les bailleurs, dont la Banque mondiale et l’AFD, financent une partie des investissements.
Le Centre RINET n’a aucun mandat de ces institutions. Il est une organisation à but non lucratif canadienne qui formule une proposition.
Les options et leurs compromis
Trois approches sont possibles pour mobiliser les compétences de la diaspora.
- Les campagnes d’appel au retour : visibles et rapides à lancer, elles demandent un engagement « tout ou rien » et laissent peu de traces durables.
- Les recrutements individuels par les institutions : utiles pour des postes précis, ils restent lents et dépendent des contacts personnels.
- Un cadre progressif et transparent : chacun commence à distance, puis peut passer à des missions courtes ou à des séjours plus longs. Ce cadre exige une coordination, une gouvernance claire et des résultats publiés.
La proposition du Centre RINET
Nous proposons de concevoir ce cadre progressif sous le nom de travail Mboka Numérique (« mboka » désigne le pays, le chez-soi, en lingala). Il relierait les talents et les moyens de la diaspora aux jeunes et aux institutions congolaises, autour de cinq volets :
- Talents : contributions à distance, missions courtes et séjours de 12 à 24 mois.
- Jeunes : formation à des métiers qui rémunèrent en ligne, accompagnement par des mentors de la diaspora.
- Export : aider des artisans et des PME à vendre en ligne, en levant les obstacles de paiement et de logistique.
- Investir : informer et préparer des projets d’investissement, sans solliciter de fonds tant que la confiance n’est pas établie.
- Statut : examiner, avec des juristes, les solutions possibles pour les Congolais naturalisés à l’étranger.
Le statut de la proposition et les suites
Ce texte est un document de travail daté du 30 octobre 2026. Il n’engage aucune institution et ne constitue ni un programme public, ni un fonds, ni une plateforme ouverte.
Les prochaines étapes envisagées sont la consultation de membres de la diaspora, le choix du nom définitif et la recherche de partenaires. Chaque suite sera ajoutée ici, datée.
Limites de cette note
- La note s’appuie sur des sources publiques consultées le 30 octobre 2026.
- Les montants d’envois de fonds n’incluent pas les circuits informels et varient fortement d’une année à l’autre.
- Les propositions doivent encore être discutées avec les institutions concernées et avec la diaspora.
Sources
Pages consultées le 30 octobre 2026.
- Banque mondiale, Projet de transformation numérique de la RDC (P180495), fiche du projet (ouvre un nouvel onglet)
- Agence française de développement, Numérique : bilan d’activité 2024, p. 8 (ouvre un nouvel onglet)
- Banque mondiale, envois de fonds personnels reçus par la RDC (BX.TRF.PWKR.CD.DT) (ouvre un nouvel onglet)
- Banque mondiale, envois de fonds personnels reçus, en % du PIB (BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS) (ouvre un nouvel onglet)
- Nations Unies (DAES), indice de développement de l’administration en ligne 2024, RDC (ouvre un nouvel onglet)
- Journal officiel de la RDC, ordonnance-loi n° 23/010 du 13 mars 2023 portant code du numérique (ouvre un nouvel onglet)
- OMPI (WIPO Lex), Constitution de la RDC de 2006, telle que modifiée en 2011 (ouvre un nouvel onglet)
- Cabinet du premier ministre du Canada, lancement de Transformation numérique Canada, 3 septembre 2026 (ouvre un nouvel onglet)
